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Sainte Barbe, tableau d’autel de la chapelle des
mineurs de Littry, 1804.
HISTORIQUE DU MUSEE
Le Musée
de la Mine du Molay-Littry, inauguré en 1907, en même
temps que l'école de dentelle, est l'un des plus anciens
musées miniers français. Il a vu le jour grâce à la
collection d'outils et machine réunis dès la fin du XIXe
Siècle par Sosthène Lefrançois et grâce aux dons
généreux d'Aimé Labbey et de Durand pour son terrain
d'assise et son bâtiment principal. Il occupe l'ancien
site minier de la fosse Frandemiche, l'un des puits
d'extraction les plus importants des 23 puits
d'extraction qui existaient sur l'ancien bassin des
mines de Littry. Le musée eut une histoire chaotique
jusqu'en 1950.
A partir de 1955, de nombreux travaux d'agrandissement
et d'amélioration du musée de la mine sont entrepris et
donnent notamment lieu à l'ouverture d'une galerie de
mine reconstituée en 1971. Les collections sont dans le
même temps enrichies d'objets provenant des mines
de charbon du Nord de la France et de certaines mines de
fer de Normandie. Après un important chantier de
rénovation mené avec l'aide financière et l'assistance
scientifique du Conseil Général du Calvados, le musée
présente une nouvelle scénographie depuis 1997.
VISITE DU MUSEE
Lors de la
visite du musée de la mine, après la projection d'un
documentaire vidéo sur l'histoire de la mine de Littryu
(10 mn), le parcours d'interprétation des fouilles
initie le public aux installations de surface d'une mine
(voir vestiges de la fosse Frandemiche).
Deux
grands thèmes sont principalement abordées : l'histoire
de l'exploitation minière à Littry au XVIIIe-XIXe
Siècles et l'évolution des techniques minières jusque
vers 1960.
Le
bâtiment principal du musée constitue l'écrin de la
fameuse machine à vapeur des frères Périer qui était
destinée à remonter le charbon du fond d'un puits
d'extraction. Une machine de ce type fut d'ailleurs mise
en place en 1802 sur la fosse Frandemiche, là où se
situe le musée. Dans les différentes salles de ce
bâtiment sont exposés de nombreux outils, des molettes
en bois initialement situées à l'aplomb des puits, des
berlines en bois ...autant d'objets originaux qui
témoignent de l'activité de cette l'exploitation unique
en Normandie.

Une galerie de mine reconstituée permet, sur 70 mètres
de long, de présenter l'évolution de l'extraction à la
mine de Littry au XVIIIe et XIXe Siècles et les travaux
du fond dans les mines du Nord de la France vers
1950-1960.

A la sortie de la galerie de mine, dans une petite salle
consacrée à Sainte-Barbe, est exposé, un tableau d'autel
figurant la patronne des mineurs Sainte-Barbe. Cette
toile du tout début du XIXe Siècle, qui pourrait être un
ex-voto réalisé à la suite d'une catastrophe minière,
contient une des rares représentations de bâtiment de
mine de cette époque.

A la fin du parcours muséographique, le visiteur peut
découvrir la superbe maquette à l'échelle 1/10e du siège
n°5 de la mine de charbon de Bruay-en-Artois. Cette
maquette animée qui est un dépôt du musée des Arts et
Métiers de Paris, est la reproduction fidèle d'un
bâtiment d'extraction de la mine de Bruay-en-Artois
(aujourd'hui Bruay-Labuissière, Pas-de-Calais) a été
construite pour être présentée au Palais des Mines et de
la Métallurgie à l'Exposition Universelle de Paris en
1900.
Durée moyenne de la visite : environ 1h30.
AUDIO-GUIDE
Des audio-guides permettent d'offrir une visite
commentée complète en frabçais, anglais ou allemand. 31
sujets sont abordés. L'utilisation de l'audio-guide est
comprise dans le prix d'entrée au musée.
COLLECTIONS
Galerie de photos légendées : jeton de la Compagnie,
lampe, wagonnet, mesure à charbon, molette, scène
d'abattage.
Sortis de nos réserves : mémoire sur la houillère de
Littry, métier de dentellière, livre d'échantillons de
denelles de Littry.
La mémoire sur la houillère de Littry,
Il s'agit d'un manuscrit en deux volumes datant de
1796-1800 qui décrit dans les plus grands détails le
début de l'histoire de la mine de Littry, les techniques
et l'économie appliquées dans cette entreprise
d'extraction de charbon : la Compagnie des mines de
Littry. Qui en est l'auteur? Il s'agit de
Louis-Etienne-François Héricat de Thury (1776-1854) qui
présentera cette riche monographie sur la mine de Littry,
le 28 mai 1800, devant la conférence des Mines. Sorti de
l'Ecole des Mines de Paris en 1802, il devient membre du
Conseil d'administration de la Compagnie des Mines de
Littry, puis, en 1809, il est nommé inspecteur général
des Carrières de Paris, poste qu'il conservera jusqu'en
1830. C'est dans ce cadre qu'il dirigera les travaux
catacombes de Paris.
LES VESTIGES DE LA FOSSE
FRANDEMICHE
A l'occasion des travaux de rénovation
du musée, des fouilles archéologiques ont été réalisées
en 1996 et 1997, dans la cour de ce musée où une
cheminée et deux petits terrils signalent encore
l'ancien carreau de mine. Ces recherches ont permis de
mettre au jour des vestiges du carreau de la mine de la
Fosse Frandemiche qui fut exploitée de 1760 à 1864, par
97 mètres de profondeur. Ces vestiges archéologiques
sont aujourd'hui intégrés dans l'ensemble du parcours
muséographique. Le public évolue autour d'eux et peut
mieux comprendre ces traces matérielles grâce à des
panneaux d'interprétation.
A Littry et ses environs, à partir du
1er Empire, les principales fosses d'extraction du
charbon ont été pourvues de machines à vapeur et donc de
hautes cheminées servant à évacuer les fumées émises par
leurs chaudières. Deux exemplaires de ces cheminées ont
miraculeusement survécu aux destructions : celle située
dans la cour du Musée de la Mine qui est datée de 1846
(une pierre calcaire de chaînage de l'angle sud-ouest de
cette cheminée haute d'environ 20m porte une inscription
gravée en lettres capitales "1846 AVRIL") et une autre
encore en place près du puits Touvais, à Saon, sans
doute édifiée vers 1835 et abandonnée en 1856.
LE PATRIMOINE LOCAL MINIER

POUR ALLER PLUS LOIN
Pierre Coftier, Mineurs de charbon en
Normandie XVIIIe-XXe Siècles, Cahiers du Temps, 2006.
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